Petite & Grande Histoire du Château
Remplaçant un donjon primitif, un château féodal fut construit dès le XIIè Siècle sur la butte dominant VEUIL. Au Moyen-Age, la seigneurie appartient aux (du) MESNIL puis à Louis de MARAFFIN qui la vend en 1500 à Jacques HURAULT, chambellan de Charles de FRANCE et Trésorier Général des Guerres qui entreprend la construction du château actuel.


Après sa mort en 1519, son fils Jean, conseiller au parlement de Paris, réside au château et édifie entre 1520 et 1530 une superbe résidence ordonnée selon un plan régulier.
Il ajoute au corps de logis et aux deux tours de l’entrée, trois ailes, afin de créer une cour d’honneur, dont l’élévation est plus basse, à rez-de-chaussée et comble. Cette nouvelle campagne s’inspire du style des derniers châteaux de la Loire, mais aussi d’édifices plus récents, comme le château de La Rochefoucauld en Charente.


Une longue galerie ouverte est construite en avant des ailes intérieures pour former une composition plus moderne, comparable à celle de Villandry. Son élévation est rythmée par des travées à pilastres qui séparent les arcades en plein cintre, les écoinçons étant ornés de médaillons, et les intrados des arcs garnis de caissons. Cette composition, dont il subsiste une aile, révèle une inspiration plus classique dont l’origine n’est plus Ligérienne, mais Francilienne. Les arrachements visibles sur la façade externe de l’aile sud permettent ici de restituer une élévation à arcade superposée, inspirée de la façade des loges de François Ier à Blois et des galeries de La Rochefoucauld.
Les ailes latérales devaient abriter des salles de réception, reliées au logis par une galerie, desservie par un escalier à vis. Cette galerie privée donnait accès aux appartements situés au-dessus de l’avant-corps de l’entrée. L’aile sud abritait en sous-sol, les cuisines et offices, et à l’étage, l’appartement seigneurial, composé d’une chambre et d’un cabinet d’étude, dont on devine l’emplacement sur la façade par une saillie demi-circulaire. Depuis ce “studiolo” à l’italienne, on jouissait d’une vue étendue, qui rappelle la disposition du cabinet de François Ier à Chambord.
Le domaine est érigé en comté en 1726 sous le nom de Veuil-Argenson, avec les châteaux de Veuil, Villentrois et Lye.
Veuil resta aux mains des Hurault ; à ce titre, il influença certainement la construction de Valençay et il suivra le sort du grand château. Venu avec lui aux mains de Talleyrand, il sera démoli en 1806 sur son ordre. N’étant plus résidence, le château est laissé à l’abandon et sert de carrière de pierre.
En 1927, les ruines du Château de Veuil seront inscrites à l’inventaire supplémentaire de Monument Historique ; il était temps. En effet, sans cette classification, il ne resterait plus rien aujourd’hui du château, qui fut l’un des plus beau du Berry.